SUD Education Solidaires SUD Education 77
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LE MONDE MERVEILLEUX DU SIEGE SOCIAL DE LA POSTE
Article publié le 30 mars 2018

Sud Education 77 était présent Jeudi 29 Mars à 13h au siège de La Poste pour soutenir les collègues postiers de Solidaires qui se rendaient en délégation auprès de leur DRH pour évoquer la répression syndicale dans le cadre de l’entreprise.

Rappelons que Mme Pénicaud, ministre du travail, vient, ce lundi 26 Mars de donner à La Poste l’autorisation de licencier Gaël Quirante, de SUD PTT, au motif qu’il aurait séquestré des DRH pendant 2 heures. La justice et l’inspecteur du travail ont pourtant contredit les faits. Ce dernier a même parlé de « répression et de discrimination syndicale ».
Officiellement, il est encore postier, son licenciement ne lui ayant pas été encore été signifié. Alors notre camarade faisait en toute logique partie de la délégation.

Gaël est un empêcheur de tourner en rond depuis des années, il a donné du fil à retordre à l’entreprise en défendant ses collègues becs et ongles contre ses dérives libérales. Cette politique de démantèlement de La Poste qui a débuté sous les gouvernements socialistes et qui s’est poursuivie depuis, sous tous les gouvernements qui se sont succédés. Le coup de grâce a été donné par Juppé, fossoyeur du statut des postiers.
Gaël est donc un vrai syndicaliste, qui lutte, avec force de conviction et d’action, qui ne peut donc que gêner le capitalisme et ses sbires.

La présence de notre camarade Gaël militant actif de Sud PTT et victime de la répression syndicale de l’entreprise devait déranger fortement la société qui se prétend pourtant être dans le dialogue social.
La liste qui composait les représentants de la délégation syndicale n’était pas du goût du DRH.

Mais dans quelle mesure est-ce à la hiérarchie de décider de la composition d’une délégation syndicale ?

Les textes réglementaires sont pourtant clairs : les syndicats s’auto-organisent.
C’est au seul syndicat de choisir les membres qui la composent un point c’est tout. Et puis quoi encore !

Alors le dialogue social c’est quand tu te tais et que tu écoutes ? C’est uniquement quand tu es d’accord avec moi ?

C’était mal connaître nos camarades postiers ils ont fait mine de non recevoir ! Non la hiérarchie n’allait pas choisir les bons ou les mauvais postiers ! De toutes les façons il n’y avait que des brebis noires dans le troupeau estampillé Solidaires !

Alors, on est restés « tous ensemble » devant les grilles où il était écrit « bienvenue ». On a bien eu le temps de regarder les affiches qui vantent les nouvelles missions des facteurs, comme visiter ta mère âgée pour une petite somme rondelette. Car on marchandise même les relations sociales à La Poste !
Un camarade postier a expliqué la situation, et Gaël a pris le micro et a mis en marche la lutte.
Nous avons décidé de rester devant les grilles car nous voulions rentrer.

Et alors comble de l’ironie… les DRH se sont auto-enfermés dans le siège social de La Poste. Et ce n’est pas Gaël le coupable !
Nous les regardions, les auto-enfermés, dans leur bâtiment de verre, dernier cri, tout neuf, belle vitrine de l’entreprise ! D’un côté les cravatés avec leur costume gris et de l’autre les postiers Solidaires gagnant pour certains 1400 euros par mois.

Nous les libres, nous avons crié des slogans, « résistance » et bien d’autres. Et les DRH dans leur souricière de verre n’ont pas daigné nous rencontrer.
Les cars de police quadrillaient les rues. Une présence policière inhabituelle dans ce type de rencontre entre syndicat et DRH pour bloquer les grilles protégeant l’entrée de ce village de La Poste.
Au bout d’un moment, nous avons été gazés. Peut-être que le jeu avait assez duré et que les souris auto-piégées voulaient s’auto-délivrer de leur piège ?

Malgré notre bonne humeur et l’énergie inépuisable des postiers du 92, ce qui est inquiétant c’est que l’on réprime de plus en plus l’activité syndicale. Ce n’est pas anodin que Gaël et ses camarades, fers de lance de la lutte contre la privatisation de La Poste soient victimes de la répression.
On veut qu’ils servent de modèle.
Tu vois, si tu es un vrai syndicaliste de lutte et bien on va te mettre dehors.

Alors défendre Gaël et ses camarades c’est défendre une certaine idée de la liberté syndicale.
Dans tous les pays où le capitalisme balaye et marchandise tout, la répression syndicale devient féroce pour tous ceux qui se proposent de résister.

Une seule solution : Résistons tous ensemble pour qu’ils ne puissent pas individualiser la lutte !

SE BATTRE AVEC GAËL C’EST SE BATTRE POUR TOUS !