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NOUS SOMMES TOUS DES USAGERS DE LA FONCTION PUBLIQUE
Article publié le 30 mars 2018

Tract aux parents d’un collège en grève le 22 mars 2018 :

Moins dépenser dans le service public, ce n’est pas faire des économies, c’est hypothéquer votre avenir et celui des générations à venir !

Pourquoi étions-nous en grève le jeudi 22 mars ?

Aux Remparts, comme ailleurs, nous subissons la cure d’austérité lancée contre la Fonction publique et le service public.

• Aux Remparts, c’est une équipe de vie scolaire insuffisante, composée seulement de 6 encadrants AED et d’une CPE pour 700 élèves.

• Aux Remparts, c’est un nombre d’agents insuffisants et un manque de remplacements. Les classes ne peuvent plus être nettoyées chaque jour. C’est une cantine en flux tendu depuis septembre 2017, qui menace de ne pouvoir assurer un service correct à nos élèves, vos enfants !

• Aux Remparts, c’est aussi des élèves de plus en plus nombreux dans chaque classe. Et la situation ne fera qu’empirer avec la baisse de 20% des recrutements au CAPES. Moins de professeurs titulaires, plus d’élèves, le calcul est vite fait.

Mais ces attaques visent tout le secteur public :
• Fermeture des lignes de transports les moins empruntées.
• Fermeture de services dans les centres hospitaliers.
• Poursuite de la diminution des services publics dans les espaces ruraux.

On nous promet de meilleurs services privatisés, mais pour quel coût ? Une entreprise privée cherchera toujours à faire des profits, ce qui n’est pas la vocation de la fonction publique.

Imaginons la journée de Théo, 14 ans, dans quelques années :

Théo se lève à 4h du matin, son papa, qui travaille à Paris et doit partir tôt pour éviter les embouteillages le dépose chez la voisine (la plupart des gens prennent leur voiture, le train privé est devenu bien trop cher). Celle-ci l’emmènera au collège en voiture en allant au travail, la ligne de bus qu’il emprunte a été fermée cette année : trop peu d’élèves du village vont au collège. Théo commence sa matinée en mathématiques. Le professeur est nouveau, il est contractuel sur 3 établissements. Il n’a pas eu le choix, c’était ça ou rien. Il n’a pas le temps ni la formation pour préparer des cours de qualité. Il proposera à Théo des coloriages magiques. Il y a 34 élèves dans la classe de Théo, alors en technologie il regardera son camarade faire l’exercice sur l’ordinateur (il y en a un pour trois, et ce n’est pas son tour). Théo n’aura pas cours de 10h30 à 11h30 : la prof de français, enceinte, n’a pas été remplacée. Comme ils sont 7 classes en permanence et qu’il n’y a qu’un surveillant, il passera 1 heure dans la cour. Malchance, il fait froid et les flaques ont gelé pendant la nuit. L’OP n’a pas pu saler, il est partagé entre 2 établissements, le Conseil Général n’a plus l’argent nécessaire pour en mettre un par collège. Quand soudain , Théo glisse, tombe, se fracture la jambe. Il sera transporté à Melun, le service d’urgences de Coulommiers ayant été fermé. Il attendra 8 heures dans le couloir : il n’a pas pu être pris en charge par l’infirmière, 30 autres patients étaient prioritaires (désert médical). Il aurait pu être transporté plus près et attendre moins longtemps, mais ses parents n’ont pas les moyens d’aller dans une clinique privée.
Dans quelques années, Théo passera son BAC, il ne pourra pas trouver les options souhaitées dans son lycée de secteur, il sera donc obligé de suivre un enseignement qu’il n’aura pas choisi, compromettant ses chances d’obtenir une place dans la formation post-bac qu’il souhaitait, et encore, si l’université avait choisi de le sélectionner.