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BOYCOTT DES EVALAUATIONS DE CM2 A ST MARCELLIN
Article publié le 25 janvier 2009

Saint Marcellin, le 12/1/2009

Prise de position en vue de la réunion avec M. l’Inspecteur du jeudi 15 Janvier 2008

Les enseignants réunis en intersyndicale le 12/1/08 à Saint Marcellin s’élèvent contre le dispositif d’évaluation de CM2 qui devra être mis en place la semaine prochaine.

De nombreuses raisons nous poussent à réagir :
la précipitation, le peu de délai accordé, le secret qui a entouré cette évaluation nous incitent à penser à un manque de confiance accordé par notre institution ;malgré ce secret qui devait être gardé dévotement, nous avons pu consulter ces évaluations sur Internet ( ce qui nous interroge soit dit en passant sur l’efficacité de la sécurisation informatique si souvent louée : cf base élèves). La lecture de ces livrets d’évaluation confirme que ce type d’évaluation nous contraindra à appliquer la pédagogie voulue par l’esprit des programmes, et que nous avions déjà dénoncé, c’est à dire une pédagogie transmissive, frontale, qui favorisera l’esprit de compétition sur la coopération, la répétition sur la réflexion.

D’autres points nous questionnent et interpellent :

Pourquoi ces dates de passation en milieu d’année scolaire ? Beaucoup de notions demandées ne sont pas acquises ou même pas encore abordées. Ne sont-elles choisies que pour permettre d’alimenter les stages de remédiation à Pâques qui n’avaient pas fonctionné l’an passé ?
Le système de notation juste/faux est très réducteur. Ne doit-on plus prendre en compte les démarches personnelles et originales des enfants ? La pédagogie serait-elle devenue binaire ? Nous pensions faire un autre métier.

Que va-t-il pouvoir résulter de ces évaluations mal adaptées ? Un sentiment d’échec et de culpabilisation, pour les enfants, pour les parents et pour nous-même enseignants.

Au vu de ce dispositif, de la libération de la carte scolaire, que va devenir notre liberté pédagogique ? Ne serons nous pas contraint au bachotage pour avoir une note meilleure que l’école voisine ?
Nous allons devoir saisir les résultats de ces évaluations informatiquement. Qu’est-ce qui peut nous prouver que ces résultats ne permettront pas de renseigner base élèves que nous dénonçons ?

Le ministre nous annonce une prime pour les enseignants qui feront passer ces évaluations. Est-ce la carotte en ces périodes difficiles (pas d’augmentation de salaire depuis plus de cinq ans) pour diviser les équipes ? Y a-t-il ceux qui travaillent, qui font passer les évaluations, et ceux qui ne travaillent pas, ceux qui ne font pas passer les évaluations. La seule tâche du métier serait-elle d’évaluer ?

Pour conclure, Monsieur Bienvenu, nous nous permettrons d’emprunter un passage du communiqué du syndicat FSU des Inspecteurs qui s’exprimait le 8 janvier 2009 sur les évaluations :« Mais derrière cette comédie, se cache hélas la tragédie d’une école publique malmenée en permanence depuis un an. Et cela, au nom d’une idéologie directement inspirée par le management concurrentiel, la menace de sanction des individus, et le culte du chiffre.

Au final, qu’évaluera-t-on ? Les résultats des élèves, l’efficacité des maîtres, celle des inspecteurs, ou la clairvoyance du ministère ? L’avenir nous le dira. » fin de citation

En conséquence et en en accord avec les syndicats enseignants, nous demandons le report de cette évaluation ( nous ne prendrons pas les livrets pour bien matérialiser notre demande) afin qu’une véritable réflexion soit engagée autour des objectifs et des modalités d’évaluation, en concertation avec les professionnels que nous avons la volonté d’être.