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Compte-rendu de l’audience du 12 février 2009 avec les deux IEN de Champigny
Article publié le 8 mars 2009

Mr Teulier a indiqué qu’il a été rappelé aux enseignants que la passation des évaluations faisait partie des obligations de service. Il est paradoxal que ce soit dans les zones les plus défavorisées que les évaluations ne soient pas passées.
« Nous avons été réunis par monsieur le Recteur qui a été très net, la position de l’administration sera très ferme, des sanctions ont été envisagées. »

Devant l’interrogation sur la nature des sanctions envisagées (blâme ? retrait de salaire ?...) les IEN répondent qu’ils ne le savent pas eux-mêmes.

Monsieur Pinard récuse le terme de menace. Il dit ne pas avoir eu la sensation de menacer ou de faire pression et en aucun cas, n’avoir forcé quiconque à faire remonter les évaluations.
Il considère qu’il conviendrait de s’entendre sur le terme de sanction : le retrait de salaire pour service non fait n’est pas considéré comme une sanction disciplinaire.

La délégation a tenu à rappeler que cette évaluation s’inscrit dans un dispositif global qui intègre les mesures concernant l’aide et le soutien.
Que c’est en toute conscience que des collègues ont choisi de ne pas faire passer ces évaluations qui sont considérées comme étant de nature à mettre plus encore en difficulté les élèves les plus fragiles ou que des équipes ont décidé de ne pas les transmettre.
Que cette opposition n’est pas un acte individuel mais s’inscrit dans un cadre collectif porté par nos organisations syndicales et qu’il faut y voir là un acte militant de professionnels pour protéger les élèves et l’école publique et que la seule réponse que l’administration apporte aux difficultés des collègues se pose en terme de sanctions.

Monsieur Teulier indique « qu’ils sont conscients du climat lourd et tendu et que leur objectif n’est pas que ça se passe mal dans les écoles. Il dissocie deux choses : en tant que citoyen, être contre une réforme et lutter en tant que citoyen pour que cette loi change. Il tient à rappeler que nous sommes en démocratie avec un président élu et un gouvernement légitime. En tant que fonctionnaire, comment refuser les devoirs qui s’attachent à ce statut ? C’est ce qu’on a rappelé lors de nos visites dans les écoles. »

La délégation revient sur l’incohérence pédagogique qui consiste à évaluer les élèves sur des notions qui n’ont pas encore étudiées en classe. Par ailleurs, la délégation rappelle que les élections ne donnent pas les « pleins pouvoirs » et les mesures Darcos sont majoritairement rejetées par les personnels et leurs syndicats.
Monsieur Teulier répond que la surprise est que, malgré ces conditions décrites, elles sont réussies.

La délégation souligne que ça ne peut qu’interroger sur les conditions de passation et que ça ne fait que conforter notre analyse d’une évaluation qui, au-delà de toute l’incohérence déjà pointée, revient à évaluer le niveau culturel des familles.

Monsieur Teulier réaffirme que ces évaluations sont au contraire destinées à mieux aider dans les écoles. Que dans le secondaire, les évaluations existent aussi en particulier à travers les résultats au brevet des collèges et du bac et que ça ne pose aucun problème.
Il conclut en indiquant que « ça le désole si les enseignants en eu l’impression d’être menacés, que si ça a été perçu comme ça, ça ne peut que l’interpeller et que ça en dit long sur le climat. On a bien fait la part des choses entre un positionnement et la qualité du travail accompli par les enseignants. Mais on ne peut pas imaginer un service où chacun agirait en fonction de ses convictions profondes. »

La délégation a clôt l’audience en rappelant que les collègues sont mis par l’institution dans une position insoutenable, qu’ils ne sont pas dans l’affectif mais bien dans la pensée et l’engagement professionnel et qu’on n’a jamais assisté à une telle souffrance au travail dans les écoles.

« Par ailleurs, on lit dans cette démarche, la volonté de décrédibiliser les organisations syndicales en faisant passer le message aux collègues que nous ne pourrions pas les défendre et que la lutte collective est inutile. Nous tenons à réaffirmer que nous serons au côté des collègues qui, soit individuellement, soit collectivement, refuseront faire passer les évaluations ou de les transmettre.Nous vous demandons de le communiquer à l’Inspecteur d’Académie et au Recteur. »

La délégation a remis une copie du courrier du Collectif RASED, (collectif très représentatif de l’ensemble des personnels au niveau des fonctions et des territoires), qui sera remis à l’Inspecteur d’Académie lors du groupe de travail du CTP du 13 février 2009.

Lors du groupe de travail sur le mouvement qui s’est tenu le 13 février 2009, l’Inspecteur d’Académie a été interrogé par les élus à la CAPD sur la question des évaluations et le passage « plus ou moins musclé » dans les écoles des IEN pour exiger la remontée des évaluations.

Réponse de l’IA aux représentants des personnels :

« Concernant les évaluations, il faut distinguer : ceux qui ont refusé de faire passer les évaluations et ceux qui ont refusé de remonter les évaluations.
Il y a sur ce sujet beaucoup d’idées fausses. Elles sont anonymées et ne présentent pas la menace qui est l’objet de toutes les critiques. La pertinence de ce moyen d’action me semble privée de sens. Il me semblerait plus judicieux de choisir des modalités d’action qui ne portent aucun préjudice aux élèves.

J’ai demandé aux IEN de faire remonter les évaluations afin de faire notre métier de pilotage pédagogique.

Vous m’indiquez que certains IEN auraient « mordu le trait » en proférant des menaces tel le retrait d’emploi…
Je n’ai rien demandé de tel. Les excès sont à imputer à une situation de dialogue injustement et inutilement tendue où la courtoisie est absente. Je rappelle que le respect des personnes que vous exigez doit se faire dans les deux sens.

Ceux qui ont refusé de faire passer les évaluations, c’est un refus de service fait, donc un service non fait.

On est en train de travailler sur des mesures progressives, après mise en garde, dialogue…dans le cadre de décisions nationales. Aucun déclenchement départemental.

Pour ceux qui ont refusé de faire remonter les évaluations il n’y aura pas de retrait de salaire. »

cr audience 12022008