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Tirs de mortier au lycée de Claye-Souilly, non au #pasdevague !
Article publié le 6 janvier 2022

A notre sollicitation, l’intersyndicale de l’établissement (SNEP, SNUEP, SNES) a écrit à la hiérarchie pour réclamer moyens et protections à nos collègues.

Monsieur le recteur Auverlot,
Madame l’inspectrice académique Debuchy,

Le 18 décembre 2021.

Depuis la rentrée de septembre, les personnels du lycée professionnel le Champ de Claye de Claye-Souilly ne comptent plus les agressions dont ils et elles sont victimes de la part de certain-es élèves. De nombreux jets multiples d’objets dangereux les ont visés : surligneur, écrous, pétards, tirs de mortiers.

Au total, plus d’une dizaine de collègues ont été concernés par ces faits entraînant des arrêts maladie et un accident du travail.

Il faut dire que la situation est tendue dans l’établissement depuis octobre 2021. Une vie scolaire amputée de 2 cpe en arrêt depuis deux mois, une adjointe en arrêt depuis deux mois également, un poste d’AED non pourvu, impossible d’assurer les tâches de surveillance des bâtiments. Face à ces manques criants de personnels, les collègues ont tenté d’alerter la hiérarchie, en vain.

Un préavis de grève a été déposé le 21 octobre, adressé au rectorat et à la DASEN de Seine-et-Marne (77). Celui-ci réclamait d’urgence une audience au rectorat pour exposer les difficultés rencontrées dans l’établissement et des moyens humains permettant d’assurer la sécurité des personnels comme des élèves. Les enseignant-es demandaient le remplacement des personnels en arrêt : la proviseure
adjointe, les deux CPE ainsi que l’obtention de moyens supplémentaires pour faire face aux difficultés rencontrées tels qu’un secrétariat des élèves et un poste supplémentaire d’AED.

Pour seule réponse, ils et elles n’ont obtenu que... silence de la part de la haute hiérarchie.

Face à ces agressions répétées, l’établissement, sous la conduite du proviseur, M Chane-Wai ne s’est résolu à saisir que 2 conseils de discipline sur 5 élèves identifiés dans les divers incidents graves survenus au cours de la semaine du 29 novembre 2021.

En effet, depuis le manque criant de personnel (CPE), la situation laisse se répandre parmi les élèves un réel sentiment d’impunité. Sentiment d’autant plus visible que les méfaits sont désormais filmés, diffusés et allègrement commentés sur les réseaux sociaux par certain-es d’entre-eux et d’entre-elles.

Sauf à considérer qu’un écrou chauffé au chalumeau ou un pétard jetés en direction de collègues ne sont pas des agressions physiques et psychiques, il nous semble incompréhensible et irresponsable que le rectorat ne puissent pas entendre les collègues dans leur détresse.

Est-ce à dire que dans l’établissement et pour la hiérarchie, le « pas de vague » qui prime sur la sécurité des collègues ? Nous ne pouvons nous résoudre à le croire.
Les tirs de mortier qui ont retenti le 31 novembre et le 1er décembre, bien visibles sur les réseaux sociaux ont été la goutte d’eau de trop pour les collègues sur place.

C’est pourquoi, 17 enseignant-es sur les 20 présent-es ont alors décidé de faire valoir leur droit de retrait pour alerter la hiérarchie interne et externe sur cette situation. Le proviseur de vie scolaire M GREEN de la DASEN 77, en personne s’est
déplacé le soir du 1er décembre.

Une commission d’hygiène et de sécurité s’est réunie le vendredi 3 décembre pour statuer sur la validité du droit de retrait. Au terme d’une bataille avec la direction la validité des droits de retrait a finalement été reconnue. Encore heureux !

Pour ce qui est des mesures prises pour prévenir la répétition des violences, pas grand-chose malheureusement. C’est aux collègues déjà éprouvé-es par la situation tendue dans l’établissement de pallier aux manques de personnels en vie scolaire, puisqu’il faut désormais récupérer les élèves dans la cour au sortir des récréations et lors de la première heure du matin.

Tout cela nous paraît bien insuffisant dans ce climat anxiogène et violent. Nous comptons à ce jour des collègues en CMO, et un en accident de service.

Afin de ne pas pénaliser les élèves, les collègues se sont encore une fois dévoués pour un retour en cours. Ils et elles acceptent par ailleurs de donner un coup de main lors des récréations, en dehors de leurs obligations réglementaires de service. Mais cela ne pourra durer éternellement.

Alertée par la situation, la Marne, par deux reprises, s’est adressée à l’inspection académique pour en savoir plus et également le courrier de l’Atlas
https://www.lecourrierdelatlas.com/des-professeurs-du-lycee-du-champ-de-claye-77-denoncent-une-degradation-du-climat-scolaire/
https://actu.fr/ile-de-france/claye-souilly_77118/des-tirs-de-mortiers-au-lycee-le-champ-de-claye_46955755.html

Celle-ci a répondu de la même manière qu’elle l’avait fait à la demande d’audience des collègues de l’établissement le 16 novembre par le silence ou alors en expliquant que « la situation est connue des services ».

Plus d’une semaine après les tirs de mortier, la totalité des personnels manquant-es n’ont toujours pas été remplacé-es.

Faudra-t-il qu’un drame humain ne survienne (à noter que des tirs de mortier dans des locaux contenant du fait des enseignements prodigués des matériaux inflammables pourraient entraîner explosion et/ou incendies) pour que la hiérarchie se saisisse enfin des problèmes et assume ses responsabilités ?

Nous vous rappelons que la santé et la sécurité des personnels est de votre responsabilité au regard de l’article 2-1 du décret n°82-453 du 28 mai 1982 relatif à l’hygiène et à la sécurité du travail ainsi qu’à la prévention médicale dans la fonction publique.

https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006063791/

Nos organisations syndicales, SNES-FSU 77, SNEP-FSU Créteil, SNUEP-FSU Créteil et SUD Education 77 réclament que les revendications des collègues soient entendues, elles soutiendront toutes les mobilisations qui se tiendront au lycée le champ de Claye de Claye-Souilly jusqu’à ce que des mesures suffisantes soient prises pour assurer la sécurité de nos collègues et des élèves.

À ce jour, le 14 décembre, un poste de CPE n’a toujours pas été remplacé et l’équipe vie scolaire est épuisée par la surcharge des tâches. Suite à l’augmentation des incidents et à la charge de travail supplémentaire, les enseignants du lycée le Champ de Claye demandent la création d’un poste d’AED complet et d’un secrétariat des élèves.

Nous serons très vigilant-es sur l’évolution de la situation dans cet établissement. La santé de nos collègues et des élèves nous y oblige.

Veuillez croire, Madame l’inspectrice académique, Monsieur le recteur d’académie, en notre profond attachement au service public d’Éducation.

SUD Education 77
SNES-FSU 77
SNEP-FSU Créteil
SNUEP-FSU Créteil