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MOTION DU SNPI-FSU, ACADEMIE DE LILLE
Article publié le 18 décembre 2008

Les inspecteurs du Pas de Calais, adhérents au SNPI-FSU, réprouvent la mesure annoncée de suppression de 3000 postes d’enseignants spécialisés en France.

Ils considèrent que cette décision s’apparente plus à une logique économique inscrite dans la mise en oeuvre de la Révision Générale des Politiques Publiques qu’à une volonté d’amélioration du service public d’éducation.

Les arguments rapportés par Mr Luc CHATEL, porte parole du gouvernement, attestent la méconnaissance d’un dispositif qui, faut-il le rappeler, réclame une expertise certifiée par l’obtention d’un diplôme.
Comment peut-on croire qu’il suffira dune aide personnalisée et de quelques heures de remise à niveau pour résorber des difficultés scolaires particulièrement ancrées ?

Pilotés par les inspecteurs de l’éducation nationale qui leur indiquent précisément leurs missions, les maîtres spécialisés du RASED élaborent, en concertation avec les enseignants et les parents, des projets ambitieux particulièrement adaptés aux élèves les plus en difficulté.
Ce n’est donc pas dune « sédentarisation » qu’il doit être question, mais des moyens qu’il conviendrait d’affecter prioritairement aux écoles dont la situation appelle des analyses et des plans d’action adaptés.

Nous constatons que cette volonté ministérielle fait suite à des propos qui auront réussi à cristalliser les mécontentements (la scolarisation à deux ans) et précède d’éventuelles décisions de nature à bouleverser le fonctionnement et la gestion du premier degré (les Etablissements Primaires d’Enseignement Public dont l’évocation se sera accompagnée de propos méprisants à l’égard de notre corps par les députés ayant déposé la proposition de loi).

Nous nous devons d’ajouter que des priorités ne sont plus correctement satisfaites à ce jour et que le « bricolage » auquel nous sommes contraints n’a que trop duré : moyens de remplacement insuffisants, formation continue moribonde, information syndicale (justifiée) des enseignants prise sur le temps des animations pédagogiques.
Dans un tel contexte, il apparaît de plus en plus difficile d’opérer le lien entre les objectifs de démocratisation et d’élévation du niveau général des élèves affichés par le ministère et le sentiment (pour ne pas dire la conviction) d’une dégradation progressive des conditions nécessaires à la mise en oeuvre d’un service public de qualité.

Il va sans dire, que dans cette atmosphère de fort mécontentement, le versement de primes pour des actes professionnels que les enseignants n’avaient jamais songé à faire rémunérer (il faudrait sans doute le signaler au concepteur de cette mesure et lui faire remarquer que ce précédent risque d’entraîner des récriminations chez ceux qui continueront à oeuvrer gratuitement !) et l’allocation d’une prime modulée de charges administratives aux IEN (au fait, comment sera-t-elle calculée ?) ne font que renforcer notre défiance à l’égard de pilotes décidément bien peu au fait des valeurs de notre institution.