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Nouvelle carte de l’éducation prioritaire dans le 77 : la douche froide !
Article publié le 27 novembre 2014

Educ prio 77
Le 24 novembre le Rectorat a présenté la nouvelle carte des collèges du département classés dans l'éducation prioritaire. La rectrice de Créteil a présenté la liste des établissements en insistant sur « l’enjeu d’équité » du dispositif. Pourtant, la réalité de l’éducation prioritaire nouvelle version en Seine et Marne est catastrophique.
Dans notre département  10 collèges classés sur 26 sortent du dispositif. Sont concernés :
- Chateau Landon, collège Pierre Roux
- Chelles, collège Camille Corot
- Dammarie Les lys, collège Robert Doisneau
- Emerainville, collège Van Gogh
- La Ferté-sous-Jouarre, collège La Rochefoucault
- Lizy-sur-Ourcq, collège Camille Saint-Saens
- Lorrez-le-Boccage-Préaux, collège Jacques Prévert
- Nemours, collège Arthur Rimbaud
- Souppes-sur-Loing, collège Emile Chevalier
- Villiers-Saint-Georges, collège Les Tournelles

Des mobilisations ont déjà commencé, comme à Souppes sur Loing, Chateau-Landon ou Nemours où des grèves ont été suivies par plus de 90 % des personnels.
SUD éducation les soutient,et demande a minima qu’aucun collège ne sorte du dispositif.

En ce qui concerne les lycées, qui ne devaient pas apparaître du tout dans la nouvelle carte de l’éducation prioritaire, la situation est gelée pendant un an, sans garantie aucune de classement pour la rentrée 2016 : ainsi, les lycées ECLAIR le resteront encore un an.

En ce qui concerne les écoles, la carte sera finalisée courant janvier, mais il n’y a aucune garantie que les écoles rattachées à un collège classé soient labellisés REP ou REP+. Par ailleurs, nous pouvons d’ores et déjà craindre pour les écoles dont les collèges de secteur sortent du dispositif.

D’autre part, les critères choisis par le Ministère ne sont absolument pas satisfaisants. Ils sont au nombre de quatre : le pourcentage de professions et catégories socioprofessionnelles (PCS) défavorisées, le pourcentage d’élèves résidant en ZUS (zone urbaine sensible), le pourcentage d’élève ayant un an de retard à son entrée en 6e et le taux de boursier. Ces indicateurs posent problèmes car nous ne savons pas comment ils sont utilisés.

En outre le fait que le critère ZUS soit le seul critère territorial retenu met de coté les zones rurales de Seine et Marne, parfois très isolées où pourtant le public scolaire peut être en très grande difficulté.
De plus c’est un mensonge de prétendre qu’il ne s’agit que de critères sociaux, ainsi que le présente le Ministère : le retard à l’entrée en 6e relève des choix éducatifs des écoles de secteur et non de la situation sociale des familles ! D'autre part le nombre de boursier n’est pas très significatif, celui-ci dépendant largement du degré de familiarité et d’aisance des familles avec les démarches institutionnelles.
Enfin, les services ne nous ont pas présenté un mode de calcul objectif de la position des
établissements à partir de ces critères : nous sommes donc dans le flou complet, qui laisse la part belle aux négociations politiques, ville par ville, ce qui se passe depuis quelque jours dans le dos des personnels et des parents.
SUD éducation revendique toujours un classement sur critère social, avec un classement clair, transparent et objectif.

Enfin, l’administration ne nous a donné strictement aucune garantie sur les moyens qui vont être alloués à cette réforme. Ce qui fait l’enjeu majeur du classement
dans le département jusqu’à aujourd’hui, à savoir les effectifs par classe et les taux d’encadrement vie scolaire, n’est jamais mentionné dans les documents encadrant cette réforme de l’éducation prioritaire. La DSDEN 77 ne veut pas entendre parler de seuils.

SUD éducation le dénonce depuis le départ : cette réforme est une réforme à moyens constants, dont l’enjeu est avant tout pour le Ministère de faire de l’éducation prioritaire le laboratoire de l’école du socle, et non de donner des moyens aux établissements les plus fragiles. Pour les établissements qui sortent de l’éducation prioritaire comme pour ceux qui y restent, les seuils de classe vont continuer à exploser.
SUD éducation continue à le dénoncer, et revendique 16 élèves par classe dans toute l’éducation prioritaire.