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SPECIAL FICHAGE
Article publié le 3 février 2010

Alors que le Comité des Droits de
l’Enfant de l’ONU a interpellé le
gouvernement français sur les dangers
que représente Base élèves 1er degré
(Be1d), qu’une enquête est en cours
au Conseil d’Etat, que la Ligue des
Droits de l’Homme milite pour son
retrait, que plus de 1800 plaintes de
parents ont été déposées, le Ministère
de l’Education nationale poursuit la
mise en place de Be1d. Ce fichier
informatique, imposé aux directeurs
sous la menace et les sanctions et au
mépris des parents qui ne peuvent s’y
opposer, est loin d’être isolé. Il est
prévu de l’harmoniser à Sconet (son
« grand frère » dans le second degré)
par l’intermédiaire de l’INE (Identifiant
National Elève) et de la BNIE (Base
Nationale des Identifiants Elèves). À
travers ces fichiers, nous assistons à la
mise en place d’un fichage en temps
réel de la jeunesse qui ne peut
conduire à terme qu’à un fichage
généralisé de la population.

Ces fichiers informatiques, présentés
par le ministère comme des outils
pour « améliorer la gestion du système
éducatif » s’inscrivent dans un
contexte de fichage généralisé où les
contre-pouvoirs disparaissent un à un :
suppression du DéfenseurE des
Enfants, suppression annoncée de la
Commission Nationale de Déontologie
de la Sécurité (CNDS). Par ailleurs, la
création récente de deux nouveaux
fichiers pour remplacer EDVIGE
(octobre 2009), l’examen en cours à
l’Assemblée du projet de loi
Warsmann ouvrant la voie à l’interconnexion
des fichiers administratifs
et la publication d’une nouvelle circulaire
du ministère, « Expérimentation d’un
livret de compétences » (décembre
2009), sont de nouvelles étapes
inquiétantes dans la mise en oeuvre
d’un fichage des individus dans et hors
système scolaire. Ce n’est donc pas nous
qui sommes aux prises avec un délire
paranoïaque, mais bien le gouvernement
qui est dans l’obsession de la surveillance
et dans une logique de contrôle social
de la population, et ce, dès la maternelle.
Soyons clairs : combattre ces fichiers,
ce n’est pas rejeter en bloc l’outil informatique,
c’est lutter contre les dérives
de l’utilisation de l’outil informatique,
c’est lutter pour le respect de la vie privée
et des libertés, c’est lutter pour que le
système éducatif ne participe pas à la
mise en oeuvre d’une politique sociale
de contrôle de la population. La mise
en place de ces fichiers se fait sans
débat parlementaire, sans contrôle
démocratique, sans information. C’est
un vrai problème de liberté publique
qui nous est posé.

À travers la résistance aux fichiers de
l’Education nationale, il ne s’agit donc
pas seulement de s’opposer à ce que
l’école collecte, enregistre des données
nominatives relatives aux enfants,
mais aussi de s’opposer à la mise en
place d’une société nouvelle où chacun
sera immatriculé, fiché, catalogué,
classé, profilé, tracé, depuis son plus
jeune âge et tout au long de sa vie.
Enseignants, parents, refusons ensemble
que l’école devienne le lieu de
contrôle des citoyens. Partout, informonsnous,
discutons et luttons pour que
ces fichiers liberticides soient supprimés,
pour l’arrêt et la levée des sanctions
contre les directeurs qui refusent de
renseigner Be1d.

SPECIAL FICHAGE 012010